Vingt ans de prison ont été requis ce jeudi contre l'accusé Rachid Kheniche pour l'assassinat de René Hadjadj, octogénaire juif, qu'il a défenestré dans le quartier de la Duchère, à Lyon. Le mobile antisémite, au cœur des débats dan ce procès qui a débuté lundi 2 février à la cour d'assises du Rhône, n'a cependant pas été retenu par l'avocate générale.
La question de la circonstance aggravante de meurtre "commis en raison de la religion de la victime", "si difficile", reste en suspens, mais "pour ma part, la réponse est non", a affirmé la magistrate Amélie Cladière devant les jurés.
L'accusé, âgé de 55 ans, a toujours souligné que son geste n'avait aucun lien avec la religion de René Hadjadj, 89 ans, justifiant le meurtre par un "coup de nerf". Deux analyses psychiatriques ont révélé une altération du discernement au moment du passage à l'acte mais pas d'abolition. Une thèse réfutée par les avocats des parties civiles, parmi lesquelles figure Maître Muriel Ouaknine-Melki, directrice de l'Organisation juive Européenne (OJE), qui ont essayé de montrer mardi l'antisémitisme qui aurait conduit l'accusé à assassiner son voisin un soir de mai.
Le verdict est attendu ce jeudi dans la soirée.
Gabriel Attal