Israël

    Gigablue, la startup israélienne qui rééquilibre l'océan, chronique de Jean-François Strouf

    2 minutes
    23 avril 2026

    ParGabriel Attal

    Gigablue, la startup israélienne qui rééquilibre l'océan, chronique de Jean-François Strouf
    Vue aérienne d'un projet Gigablue à bord d'un navire de recherche néo-zélandais

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    C’est Gigablue, une startup israélienne particulièrement innovante dans sa méthode de retrait du carbone qui nous intéresse aujourd’hui. Elle accélère le retour de l’océan à son équilibre, en combinant la science, l’intelligence artificielle et les mécanismes naturels afin de préserver l’avenir de notre planète.

    Gigablue développe une technologie inspirée du vivant :

    • des particules naturelles sont diffusées dans l’océan

    • elles favorisent la croissance de micro-algues (phytoplancton)

    • ces algues absorbent du CO₂

    • puis elles coulent au fond de l’océan, emportant le carbone avec elles.

    Le point de départ est un phénomène ancien,:
    le rôle du phytoplancton dans la régulation du climat.

    Ces micro-algues, présentes dans tous les océans, absorbent naturellement le CO₂ par photosynthèse. Elles transforment ce carbone en matière organique.

    Normalement, une partie seulement de ce carbone descend vers les profondeurs, sous forme de ce que les océanographes appellent la “neige marine”.

    Gigablue cherche à amplifier ce processus :

    • diffusion de particules naturelles (non toxiques, biodégradables)

    • stimulation ciblée du phytoplancton

    • formation d’agrégats plus denses

    • accélération de la descente vers les abysses

    L’objectif n’est pas de créer un phénomène artificiel, mais de renforcer une pompe biologique déjà existante — ce que les scientifiques appellent la pompe biologique du carbone.

    Capturer le CO en utilisant l’océan comme un “puits profond”, grâce à des particules qui font couler le carbone vers les abysses.

    👉 « un ascenseur à carbone vers les profondeurs »

    Objectif : stocker le carbone pendant des centaines, voire des milliers d’années.

    L’image de l’ascenseur est essentielle pour comprendre le mécanisme.

    Dans l’océan, le carbone est souvent “recyclé” dans les couches superficielles :

    • les micro-organismes consomment les algues

    • le carbone est relâché à nouveau dans l’eau

    • puis repart dans l’atmosphère

    Autrement dit : il tourne en rond.

    Gigablue tente de court-circuiter ce cycle en créant une descente rapide :

    👉 au lieu d’un escalier biologique lent et incertain,
    👉 un trajet direct vers les profondeurs.

    Pourquoi est-ce si crucial ? Parce qu’au-delà de 1 000 mètres :

    • les échanges avec l’atmosphère deviennent extrêmement lents

    • le carbone peut rester piégé pendant des siècles, voire davantage

    L’“ascenseur” désigne donc cette idée :
    passer d’un cycle court à un stockage profond et durable.

    La startup a déjà vendu des crédits carbone liés à cette technologie, ce qui est rare à un stade encore expérimental

    Elle utilise un modèle numérique de l’océan (digital twin) pour décider où intervenirElle s’inscrit dans une vague 2026  des startups qui ne se contentent plus de “réduire”, mais cherchent à retirer activement le carbone

    Cela correspond à une évolution plus large de la tech israélienne : aller vers des solutions concrètes, mesurables, industrialisables.

    Jean-François Strouf