Bonjour Rudy,
Alors que la première phase du « Plan Trump » a permis un cessez-le-feu dans la bande de Gaza ainsi que la libération des derniers otages israéliens vivants contre celle de milliers de prisonniers palestiniens, un point demeure inextricable pour la suite du processus : l’avenir du Hamas, son désarmement et son exclusion de toute future gouvernance palestinienne.
Cette exigence de démantèlement, condition indispensable à la fois à la reconstruction de Gaza et à la sécurité d’Israël, reste inacceptable pour le mouvement islamiste, qui continue de violer la trêve par des attaques sporadiques et en refusant de restituer les dépouilles des derniers otages.
Car le Hamas n’a jamais été un mouvement politique au sens classique du terme. Il ne résulte pas d’un projet d’émancipation nationale, mais d’un acte de guerre sainte — une extension armée des Frères musulmans, portée par la conviction que la violence est la seule voie légitime vers la « libération de la Palestine » du fleuve à la mer et, plus encore, vers la restauration d’un califat islamique mondial.
Ainsi, les armes ne sont pas un outil, elles sont un credo.
Elles incarnent la résistance, l’identité collective, la mission divine. Elles structurent la société gazaouie, façonnent son économie, imprègnent sa culture politique. Chaque roquette, chaque tunnel, chaque uniforme participe d’un récit quasi mystique : celui d’un peuple élu pour combattre les Juifs jusqu’à la fin des temps.
Renoncer à cet arsenal reviendrait pour le Hamas à se renier lui-même, à rompre le lien vital entre sa légitimité religieuse et sa survie politique. Car son pouvoir ne repose pas sur la représentativité démocratique, mais sur la coercition et la peur.
Au fil des années, le Hamas s’est mué en un véritable État-mafia. Il contrôle les flux d’aide humanitaire, les importations de carburant, les matériaux de construction. Il taxe chaque transaction à Gaza pour financer ses ambitions génocidaires contre Israël. Les tunnels, présentés comme des instruments de résistance, sont aussi des circuits de contrebande très lucratifs qui enrichissent sa nomenklatura. Et chaque cessez-le-feu, chaque trêve, chaque phase de reconstruction n’est pour lui qu’une pause stratégique — une opportunité de reconstituer son arsenal et de reconsolider sa domination sur le peuple qui l’a élu.
Le fusil, c’est le ciment du pouvoir.
Le Hamas le sait. Sans armes, il cesse d’être craint ; sans crainte, il cesse d’être obéi.