Ce jeudi 23 mai sur Radio J, Cyrielle Sarah Cohen recevait Grégory Cohen, chef cuisinier, entrepreneur, animateur télé et chroniqueur sur France 2 et France Inter, pour une émission où il livre bien plus que des recettes.
L’occasion de présenter son livre « Yalah ! » paru aux éditions Leduc, et de revenir sur un parcours de vie profondément enraciné dans la transmission, l’identité et la mémoire.

« Le 7 octobre a été le déclencheur d’un cataclysme »
Dès les premières minutes de l’émission, Cyrielle Sarah Cohen évoque avec lui le 7 octobre 2023. Grégory Cohen, serein mais lucide, se confie sur ce jour qui a résonné comme un séisme :
« Le 7 octobre, ça a été le déclencheur d’un cataclysme qui ne cesse d’avoir des ondes de choc… Et on est passé de victime à agresseur. C’est surréaliste. »
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Engagé mais mesuré, il dénonce une spirale d’information toxique et de haine amplifiée : « Aujourd’hui, on est dans une consommation immédiate d’information brûlantes, vraies ou fausses, on s’en fout »
Mais il garde espoir, citant le vote massif du public pour Israël à l’Eurovision comme un rappel que « la majorité silencieuse ne se laisse pas convaincre par les bruits qui courent »
« Je suis un papa, humain, un curieux »
Face à la question rituelle des trois mots pour se décrire, Grégory Cohen hésite, sourit, puis lâche : « Je suis un Papa, je suis Humain. Et je suis profondément Curieux. »
Ce triptyque dit tout : la tendresse, l’engagement, la quête d’apprendre.
Né à Neuilly-sur-Seine le 16 mars 1968, Grégory a grandi à Paris dans une famille aimante. Il débute la cuisine à 13 ans dans le restaurant de son père, rue de Verneuil, où il croise des figures mythiques. « Lino Ventura est revenu une semaine après avec un faux pistolet de cinéma juste pour moi », raconte-t-il, les yeux brillants. Quant à Serge Gainsbourg, il portera toute sa vie la fausse Légion d’honneur qu’un jeune Grégory lui avait remise après une escapade scolaire.
« J’ai eu un problème de concentration. Alors je vagabondais dans mes pensées. »
Ce rêveur-né préfère la liberté aux cases. À 14 ans, il programme un jeu vidéo. À 20 ans, il va faire son service militaire, par conviction républicaine. “Je suis profondément républicain, profondément attaché à la France pour moi, ça faisait partie des devoirs et des obligations”
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Mais quand son père lui propose de reprendre le restaurant familial et d’apprendre chez Bocuse, il prend le large. Direction Haïti, les Etats-Unis, puis Apple.
Il raconte sa rencontre avec Steve Jobs lors d’une exposition ratée mais marquante : « Il s’arrête, regarde mon kakémono, et dit : « It’s very powerful’. Trois heures plus tard, j’avais une offre pour rejoindre Cupertino.»
Il grimpe vite : vice-président Apple Europe, 10 000 personnes sous sa direction. Mais l’absence de sa famille le rattrape. « Ma fille m’a regardé comme si elle ne me connaissait pas. Là, j’ai tout arrêté. »
« Je me suis remis à cuisiner pour elle. Et tout est reparti de là »