Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, à l’occasion du salon VivaTech à Paris, vous souhaitez nous parler de votre initiative Abraham in Tech.
Bonjour Ilana,
Observer le Moyen-Orient aujourd'hui exige de savoir naviguer au cœur d'un puissant paradoxe. Notre regard est quotidiennement capté par l'actualité des tensions, des crises et des affrontements. Pourtant, en parallèle, et de manière plus confidentielle, une tout autre dynamique se construit à grande vitesse. Loin du fracas des armes, des entrepreneurs collaborent, des fonds du Golfe soutiennent des startups israéliennes, des chercheurs marocains publient conjointement avec leurs homologues de Tel-Aviv. Deux mondes cohabitent ainsi au sein d'un même espace : l'un subit les crises, tandis que l'autre bâtit l'avenir.
C'est précisément pour amplifier et fédérer cette seconde réalité que nous inaugurons, du 17 au 20 juin, l'initiative « Abraham in Tech », présentée pour la toute première fois à Paris à l'occasion de la 10e édition du salon VivaTech.
Portée par ELNET, cette initiative s'affirme comme une véritable plateforme internationale de coopération technologique. Elle rassemble un écosystème unique composé de startups, d'investisseurs, de chercheurs et de décideurs publics venus du Moyen-Orient, d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. Ensemble, ces acteurs unissent leurs forces autour de secteurs stratégiques majeurs tels que l'intelligence artificielle, la transition énergétique, la sécurité alimentaire, la gestion de l'eau ou encore les biotechnologies.
À travers cette synergie globale, notre ambition est claire : transformer des collaborations régionales en réussites mondiales, et mettre l'innovation d'avant-garde au service des grands défis de notre siècle.
Arié, pourquoi l’initiative Abraham in Tech est-elle si importante, et pourquoi maintenant ?
Parce que la carte du monde change sous nos yeux.
Pendant longtemps, le Moyen-Orient n'était perçu que comme un espace énergétique et sécuritaire. Mais sous l'impulsion des transformations technologiques et des Accords d'Abraham, signés il y a bientôt six ans, une nouvelle géographie de l'innovation émerge.
Ces accords dépassent la simple reconnaissance diplomatique. Dès l'origine, ils appelaient à une coopération scientifique, technologique, sanitaire, énergétique et agricole. Cette dimension économique est cruciale, car aucune paix durable ne repose uniquement sur des décrets politiques. Elle exige des intérêts communs, des projets partagés, des réseaux humains et des bénéfices mutuels.
Ce corridor, qui relie désormais l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, repose sur des complémentarités concrètes. Israël apporte sa capacité unique à transformer la recherche en innovations de rupture. Les Émirats arabes unis offrent leur puissance financière et une agilité réglementaire inédite. Le Maroc s'affirme comme le hub stratégique entre l'Europe et l'Afrique. L'Europe y injecte son excellence scientifique et industrielle, tandis que l'Afrique, portée par sa jeunesse, y apporte son dynamisme et l'ampleur de ses défis.