Le Néguev est en train de se transformer en un centre majeur d’innovation technologique, en particulier dans le domaine de la cybersécurité. Cette transformation ne s’est pas faite par hasard : elle résulte d’une stratégie délibérée visant à déplacer une partie de l’activité vers le sud.
Il faut rappeler qu’initialement, lors du plan de partage de 1947, il n’était pas prévu d’attribuer le Néguev à Israël. L’opération Yoav est lancée le 15 octobre 1948 avec un but très concret :
Briser les lignes égyptiennes, rouvrir un corridor vers le Néguev sécuriser durablement le sud
Ce n’est pas une conquête “totale” du désert en quelques jours, mais une désarticulation d’un verrou militaire. C’est donc dès ce moment que Ben Gourion avait perçu le Néguev comme essentiel. Par la suite, la conquête militaire a été entérinée lors des accords d’armistice avec l’Egypte en 1949.
Un tournant décisif a été le transfert progressif d’unités technologiques d’élite des Forces de Défense d’Israël vers la ville de Beer-Sheva. Ces unités, spécialisées notamment dans le renseignement et la cybersécurité, forment chaque année des milliers de jeunes experts qui alimentent ensuite l’écosystème civil. Autour de cette dynamique s’est développé un véritable cluster technologique, notamment avec la création de CyberSpark. Ce parc regroupe des entreprises internationales, des startups, des centres de recherche et des institutions académiques, favorisant une coopération étroite entre le secteur militaire, universitaire et privé.
Un rôle central est également joué par l’Université Ben-Gourion du Néguev, qui a orienté ses recherches vers des domaines stratégiques comme les technologies de l’eau et les solutions adaptées aux environnements désertiques.
Ces recherches locales répondent à des problèmes globaux : sécheresse, stress hydrique, sécurité alimentaire.
C’est pourquoi elles sont exportées vers différentes régions du monde telles que l’Inde, l’Afrique, certains Etats des États-Unis.
Le Néguev est bien devenu essentiel pour l’avenir d’Israël.
Jean-François Strouf