Israël

    Libérer le Liban du Hezbollah, chronique d'Arié Bensemhoun

    4 minutes
    12 mars 2026

    ParGabriel Attal

    Libérer le Liban du Hezbollah, chronique d'Arié Bensemhoun
    Le directeur du think tank Elnet France, Arié Bensemhoun

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    Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez évoquer les opérations israéliennes contre le Hezbollah au Liban. 

    Bonjour Rudy, 

    Face aux opérations israélo-américaines qui ciblent aujourd’hui la République islamique d’Iran, le Hezbollah a fait son choix : celui d’accompagner son maître de Téhéran dans sa chute, quitte à entraîner avec lui tout le Liban. En s’accrochant à cette stratégie suicidaire, l’organisation terroriste confirme son statut de pièce maîtresse et de métastase la plus aboutie du régime des mollahs au Levant, prenant en otage l’ensemble d’une société pour servir ses fantasmes génocidaires contre Israël.

    Pourtant, il faut rappeler à ceux qui l’ignorent qu’il n’y a, à l’origine, aucun contentieux entre l’État juif et l’État libanais. Bien au contraire. Les liens historiques entre Hébreux et Phéniciens remontent à l'Antiquité, bâtis sur des échanges riches et complémentaires. Même après la renaissance d'Israël en 1948, alors que toute la région cherchait sa destruction, sa frontière avec le Liban était la plus paisible de toutes – quand elle est aujourd’hui l'un des points les plus sensibles du Moyen-Orient.

    On s’imaginait alors légitimement que Beyrouth signerait rapidement des accords de normalisation avec l’État juif. Mais cet espoir a été brisé. Brisé par les Palestiniens, lorsque dans les années 1970, l’OLP de Yasser Arafat, chassée de Jordanie, a fait du pays du Cèdre sa base arrière terroriste pour s’en prendre à Israël, jusqu’à y déclencher la terrible guerre civile de 1975 – un drame dont le Liban ne s’est jamais relevé.

    Puis, à partir des années 1980, le Hezbollah s'est substitué à l’OLP. Créé, financé et armé de toutes pièces par l’Iran, il a confisqué le pays pour devenir un État dans l’État, fort d'un arsenal qui écrase celui de l'armée régulière. Contrairement à sa propagande, sa vocation n'a jamais été de protéger les Libanais, ni de « résister » à un Israël qui n'a jamais voulu de mal au Liban. Sa véritable mission, dictée par le fanatisme religieux, a toujours été l’éradication de l’État juif et la destruction de l’Occident.

    L’embrasement régional que nous vivons n’est que l’aboutissement inévitable et structurel d’une crise multidimensionnelle, en gestation depuis des décennies, que la communauté internationale a toujours cherché à repousser. Mais l'accélération provoquée par la razzia du 7 octobre a mis Israël au pied du mur. Face à la République islamique et ses proxys qui mènent une guerre asymétrique sans répit aux démocraties, l’État juif ne fait qu’exercer son droit le plus strict à la légitime défense dans une guerre qui lui a été déclarée en 1979.

    Aujourd’hui, la vérité nous explose au visage. L’armée régulière libanaise, qui annonçait en janvier avoir démilitarisé le Sud-Liban dans le cadre du cessez-le-feu de 2024, a échoué et menti. Des soldats israéliens y sont encore tués par des hommes du Hezbollah, car ils n’ont jamais respecté ce cessez-le-feu qui exigeait leur retrait de la zone – tout comme ils n’ont jamais respecté la résolution 1701 du Conseil de Sécurité exigeant leur désarmement. C'est la preuve que depuis tout ce temps Israël était dans son bon droit de frapper leurs infrastructures terroristes.

    Et dans ce chaos, l’attitude de la communauté internationale, et plus particulièrement celle de la diplomatie française, est toujours aussi insupportable. La France a un lien millénaire avec ce territoire et ce peuple – des croisades au mandat français en passant par Napoléon III. Mais ce Liban chrétien, cette « Suisse d’Orient » n’existe plus. La démographie et les équilibres ont changé. 

    En 1982, François Mitterrand avait loupé l’occasion de sauver le Liban en préférant sauver Yasser Arafat et l’OLP du siège de Beyrouth. En 2026, Emmanuel Macron a l’occasion de rattraper cette faute historique. La France a les moyens d’agir, mais elle préfère s’accommoder d’une chienlit permanente qui n’arrange personne, si ce n’est le Hezbollah. En appelant systématiquement à la désescalade, elle crée une impuissance généralisée qui ne fait que prolonger les malheurs des Libanais auxquels elle prétend tant tenir.

    Il faut que cette obsession irrationnelle française vis-à-vis du Liban serve à quelque chose. Aujourd’hui, la FINUL est inutile. L’État libanais n’est pas à la hauteur et ne peut s'en sortir seul. Sans intervention extérieure, la situation continuera de pourrir, condamnant à la fois les Libanais et les Israéliens. 

    Dans ce moment charnière où le parrain iranien vacille, une véritable fenêtre d’opportunité s’ouvre pour apporter une aube nouvelle de paix et de prospérité au Moyen-Orient. Israël a la ferme intention d’aller au bout des choses. Si la France tient tant à la sécurité et à la souveraineté du peuple libanais comme elle le prétend, elle doit agir. Elle doit trouver le courage politique d’aider à le débarrasser définitivement de ce parasite qu’est le Hezbollah, en soutenant activement Israël et les États-Unis dans l’éradication du premier sponsor du terrorisme islamiste au monde qu’est la République islamique d’Iran. 

    C'est à ce prix, et uniquement à ce prix, que le Liban sera libéré. 

    Arié Bensemhoun