L'ancienne ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud Belkacem, était l'invitée de David Revault d'Allonnes ce lundi matin sur Radio J. Elle est revenue sur l'actualité politique. Concernant la situation au Moyen-Orient, la conseillère à la Cour des comptes a affirmé : "Y a-t-il des gens qui peuvent être optimistes aujourd'hui? Je suis profondément inquiète, perturbée par le choc géopolitique que les évènements récents représentent pour les habitants de la région, mais aussi pour l'ensemble du monde. Je ne cesse de m'interroger sur les répercussions sur un plan économique. Sachant qu'on est à un an d'une élection présidentielle, je vois bien arriver des conséquences très lourdes sur le plan de l'industrie et du pouvoir d'achat. On le sait, cette précarisation économique jette les gens dans les bras du populisme. Je suis inquiète aussi pour nos démocraties."
Elle a ensuite abordé le fait d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et la réflexion globale actuelle du président Emmanuel Macron et du gouvernement sur les réseaux sociaux : "Il est vain de penser qu'il y a ce qui se passe en ligne et ce qui se passe hors ligne. Les deux sont très étroitement interconnectés. D'abord parce que les media regardent ce qui s'est dit sur les réseaux sociaux pour prendre le pouls de la société et donc s'en font l'écho, et ensuite parce que nous autres, usages, notre façon d'être en ligne, l'hyperpolarisation, l'irritation, le fait d'être allergiques aux avis contraires, nous la transportons avec nous hors ligne. La violence à peine contenue avec laquelle nous nous familiarisons en ligne, nous l'emmenons avec nous hors ligne. Le débat démocratique est atteint par cette façon de fonctionner."
"Il faut absolument qu'on réagisse. Si on ne fait rien, il va de soi qu'on ne peut pas avoir d'élection, présidentielle ou autre, dans les conditions qu'on a connues par le passé, c'est à dire avec des règles claires pour tout le monde, à peu près honnêtes. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, les deepfakes, l'IA utilisée à mauvais escient nous emmène vers autre chose qui ne me semble pas compatible avec la démocratie."
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Gabriel Attal